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Flanerie-historique-dans-l-ancien-duche-de-Savoie.over-blog.com

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Les articles proposent une flanerie historique dans les anciennes terres des ducs de Savoie, c'est à dire l'Ain actuel, les départements de Savoie et de haute Savoie, les Alpes Maritimes, le Piémont et la Suisse romande. L'objectif est de faire coincider l'histoire et le patrimoine existant

Lausanne et la Savoie

L'anniversaire à Lausanne des 500 ans de la mort d'Aymon de Montfalcon, nous rappelle les liens entre la ville de Lausanne et le duché de Savoie ; liens qui vont cesser après l'invasion franco-bernoise et 1536. Après cette date, le pays de Vaud et la ville de Lausanne deviendront des dépendances de l'état de Berne et ne retrouveront leur indépendance qu'en 1798 grâce aux armées napoléoniennes.

 

Lausanne deviendra le siège épiscopale du diocèse au VI e siècle après le déplacement de celui de d'Avenche dans le but surement de se protéger des Allamands. La grande figure de cette époque est Saint Mamère appelé aussi Saint Maire. La ville deviendra ensuite la principale ville du royaume Welf de Haute Bourgogne. Elle restera la principale ville de cette région aussi pendant une très grande partie du bas-moyen-âge avant d'être supplantée par Genève au XV e siècle.

 

A partir du XI e siècle, une nouvelle dynastie va émerger dans le royaume de Bourgogne : la Maison de Savoie qui donnera le Comté puis en 1416, le duché de Savoie. Lausanne, qui est d'abord le siège d'une principauté indépendante autour de l'évêque de la ville, va être petit à petit intégrée dans l'ensemble savoyard jusqu'en 1536.

 

Nous pouvons nous demander quelles ont été les étapes de cette intégration et quel va être le rôle de cette ville dans le duché de Savoie.

blason de Savoie sous les voutes de l'église de Saint François à lausanne (Photo E Coux)

blason de Savoie sous les voutes de l'église de Saint François à lausanne (Photo E Coux)

Amédée de Clermont de Rives, évêque de Lausanne

 

Lausanne au moyen-âge est une ville assez importante. Elle est la plus grande ville de l'espace lémanique et sa puissance va être renforcée par un grand pèlerinage envers la vierge noire qui a beaucoup de succès et attire de nombreux pèlerins.

 

Si les rapports entre la Maison de Savoie et l'abbaye de Saint Maurice d'Agaune vont être précoces et documentés dès le début de la dynastie, il faudra attendre la première moitié du XII e siècle pour voire des relations entre Lausanne et la dynastie savoyarde. Celle-ci se formalisera avec l'évêque Amédée de Clermont de Rives qui sera le tuteur du jeune Humbert III. Celui-ci dirigera la principauté lors de l'absence du comte Amédée III parti à la croisade et pendant la minorité du comte Humbert III.

 

Son rôle dans l'historiographie savoyarde est sous estimé. Pourtant, c'est un personnage centrale dans l'évolution de cette principauté. Amédée de Rives a commencé sa carrière comme abbé d'Hautecombe au moment où l'abbaye commençait à avoir une grande renommée. Cette abbaye deviendra ensuite le tombeau du Comte Humbert III et de sa femme, Anne de Zaeringhen, puis à partir d'Amédée IV, le mausolée dynastique de la Maison de Savoie.

avvaye d'Hautecombe sur le lac du Bourget (Photo E. Coux)

avvaye d'Hautecombe sur le lac du Bourget (Photo E. Coux)

Ensuite, il semble que ce soit cet évêque qui a trouvé la titulature de « Comte de Savoie » en remplacement de celui de « Comte de Maurienne » que tenaient les Humbertiens (nom donné aux membres de la Maison de Savoie en référence à Humbert aux blanches mains, premier ancêtre connu de cette dynastie). Cette titulature proviendrait d'un document qui était alors dans les archives de la cathédrale de Lausanne et qui mentionnait l'ancienne province romaine de « Sapaudia ». Le contexte voulait qu'à cette époque, les seigneurs et les princes se parèrent de titres romains pour être à la mode. Mode insufflée par l'Empereur du Saint Empire Romain Germanique auquel appartenait alors la Savoie et la Suisse Romande, Frédéric 1er Hohenstaufen qui se comparait à un empereur romain. Certains princes devinrent ainsi consul, l'archevêque de Lyon devint « Exarque du Palais Sacré de Bourgogne » et le Comte de Maurienne, Comte de Sapaudia.

 

C'est aussi à la même époque que l'on a la première mention de la possession de la forteresse de Chillon par le comte de Savoie en 1150. Cette forteresse, même si le suzerain en est l'évêque de Sion, se situe dans le diocèse de Lausanne et l'influence de l'évêque de ce diocèse ne saurait être négligée dans cette main mise. Il est intéressant de voir que ce château et l'abbaye d'Hautecombe deviendront les premiers centres administratifs connus du comté de Savoie sous Pierre II avant que Chambéry n'en devienne la capitale sous Amédée V en 1300 environ. Après cette date, ces deux édifices garderont un rôle primordial dans l'organisation de la principauté puisque Hautecombe renforcera sa position de nécropole dynastique et Chillon sera le centre du plus gros bailliage du comté de Savoie. C'est avec l'évêque qui succèdera à Amédée de Rives, Landri de Durne que commencera la construction de la cathédrale actuelle.

intérieur de la cathédrale de Lausanne (Photo E Coux)

intérieur de la cathédrale de Lausanne (Photo E Coux)

Pierre II

La deuxième étape importante est celle de Pierre II, fils du comte Thomas et petit fils d'Humbert III. Celui-ci qui ne sera comte qu'à la fin de sa vie va faire sa carrière autours de l'évêché et du diocèse de Lausanne. Il développera d'ailleurs le comté de Savoie surtout en direction du pays de Vaud.

 

Pierre II fut destiné d'abord à la carrière ecclésiastique. Il cumula certains canonicats notamment dans la cathédrale de Lausanne (1226-1231) pour finir comme administrateur apostolique de cette cathédrale (évêque sans l'être car il n'avait pas reçu les ordres sacrés) de 1229 à 1231. A partir de cette date, il perd sa fonction à cause du Pape Grégoire IX qui met en place à Lausanne l'évêque Boniface de Bruxelle. Il s'allie à son frère Aymon qui s'implante solidement à Chillon et autour de l'abbaye de Saint Maurice d'Agaune. Mais en 1334, cette alliance s'arrête et il accepte un compromis avec son frère ainé Amédée IV en échange de quelques châteaux dans le Bugey (qui doivent rester en indivision). La même année, il se marie avec la fille d'Aymon seigneur de Faucigny. Ce mariage sera le début de la renaissance de sa carrière.

Vue d'ensemble de la cathédrale de Lausanne

Vue d'ensemble de la cathédrale de Lausanne

Pierre poursuivra la politique d'Aymon de Faucigny dans le pays de Vaud et sera de fait le constructeur du pays de Vaud savoyard. C'est en effet dans la carrière ecclésiastique lausannoise de Pierre qu'il faut chercher un dénominateur commun avec le sire de Faucigny et l'origine de son mariage. Aymon de Faucigny achète en 1225 aux Kibourg, les droits d'avouerie impériale sur l'évêché de Lausanne. Comme le fait remarquer Matthieu de la Corbière, la politique d'Aymon dans la pays de Vaud serait le résultat de deux facteurs : le premier est celui de légitimer une charge publique avec l'accaparement de l'avouerie du prieuré de Chamonix par exemple. Ce qui expliquerait l'achat de celle de l'évêché de Lausanne ; et le deuxième, que Thomas 1er aurait utilisé les Faucigny comme des auxiliaires dans sa conquête du pays de Vaud.

 

A Lausanne, Le pape Grégoire IX interviendra une deuxième fois lorsque l'évêque de Lausanne Saint Boniface démissionnera en 1239 suite à plusieurs attentats et menaces de mort. Il nomma Jean de Cossonay chef du parti hostile aux Savoie alors que le chapitre avait élu Philippe de Savoie frère de Pierre. Un conflit armée s'ensuit, Pierre investira militairement la ville de Lausanne. Un accord intervint entre les deux partis sans que nous connaissons sa nature. En 1244, l'évêque Jean de Cossonay signe un traité avec Amédée IV qui laisse à ce dernier Romont, Boussens, Estavayer, etc...

château de Chillon (photo E Coux)

château de Chillon (photo E Coux)

Entre 1251 et 1255, la position de Pierre II va s'accroitre fortement. En 1251, Aymon de Faucigny décède en faisant don de ce qu'il possède à Pierre de Savoie . Puis c'est au tour d'Amédée IV en 1253 qui laisse comme successeur un enfant, le comte Boniface. Ses oncles dont Pierre II prendront un ascendant énorme sur lui. Cette mort lui permettra de revendiquer l'héritage de son frère Aymon mort en 1337 et de l'obtenir en 1255, qui comprend le château de Chillon et l'abbaye de Saint Maurice d'Agaune au dépend du comte de Savoie Boniface. En 1251, la victoire du pape sur l'Empereur du Saint Empire germanique qui allait ouvrir la période du grand interrègne signe aussi la victoire du clan Pierre II-Philippe de Savoie qui sont alliés.

 

Cela obligea l'évêque Jean de Cossonay à partager la juridiction de Lausanne avec Pierre de Savoie en 1260. Sa position de vicaire impériale a dû l'aider. Il acquit aussi tous les fiefs que possédait l'église du Valais dans le diocèse de Lausanne dont l'avouerie de Vevey et la vidamie de Montreux. Nous pouvons aussi nous interroger sur la construction de la villeneuve et de l'imposant château d'Evian aujourd'hui détruit après cette date ; ville qui se trouve exactement en face de Lausanne sur la rive opposée. Était ce pour faire pression sur l'évêque et la ville de Lausanne ?

 

choeur de l'église d'Evian (photo E. Coux)

choeur de l'église d'Evian (photo E. Coux)

Cette politique sera poursuivit par le comte Philippe 1er successeur de Pierre II après 1268. La construction de châteaux et places fortes autours du lac se poursuivie et il obligea l'évêque à rentrer dans une alliance défensive avec lui. Malheureusement, l'accession au pouvoir de Rodolphe de Habsbourg en 1273 et la fin de l'interrègne mis fin à l'hégémonie de la Savoie sur le Léman.

 

En 1275, la cathédrale de Lausanne est consacrée à la fois par l'Empereur et le pape Grégoire X qui se rencontre dans cette ville. Philippe de Savoie, pourtant un des seigneurs les plus puissants de cette contrée et vassal de l'Empereur et du pape n'assista pas à la cérémonie.

 

Montée de la main mise savoyarde sur l'évêché de Lausanne

 

Le retour de l'Empire, la division du comté de Savoie entre Amédée et Louis qui reçoit le pays de Vaud, va permettre à l'évêque de Lausanne de garder une certaine autonomie. Pourtant, dès le XIV e siècle, les évêques sont des hommes de plus en plus favorables au comte de Savoie. Après 1316, l'évêque est prit en tenaille entre le comte de Savoie et le seigneur de Vaud. Il doit chercher la protection du comte de Savoie en lui offrant un partage de la juridiction épiscopale. Après lui, les évêques seront choisi par le comte de Savoie.

Une des maisons les plus ancienne de Lausanne. Le rez de chaussée et le 1er étage datent du XIV e siècle (photo E Coux)

Une des maisons les plus ancienne de Lausanne. Le rez de chaussée et le 1er étage datent du XIV e siècle (photo E Coux)

L'évêque Jean de Rossillon (1323-1341 ) a commencé sa carrière comme juge dans le bailliage du Chablais-Genevois pour Amédée V de Savoie en 1297. Son élection montre que le chapitre était à cette époque acquis au comte de Savoie. Jean de Bertrant (1341-1342), lui est à l'origine issu de la noblesse savoyarde vassale du comte de Savoie. L'évêque suivant sera nommé par le pape. Il conclu en 1344, un accord avec Louis II de Vaud en lui cédant la moitié de son temporel. François Prévot (1347-1354) est un membre de la famille des Proust ou des Prost qui a sa maison forte à Virieu le grand dans le diocèse de Belley. C'est, de part sa naissance, un fidèle de la Maison de Savoie qui a évolué dans les évêchés de Belley et de Maurienne avant d'être élu évêque de Lausanne. Il est d'ailleurs conseiller du comte Aymon en 1338 et un des conseillers principal du comte en 1343. Entre 1339 et 1355, un nouveau concurrent arrive sur les bords du Léman : le dauphin du Viennois. Humbert II de la tour du Pin qui est en effet d'abord apanagé dans la Faucigny, et comprend, comme son ancêtre Aymon de Faucigny, que cette province est une entrée pour la domination du Léman. Il cherchera de ce fait à avoir le vicariat impérial. La nomination de François de Prévot ou de Proust en 1447, est un coup de force du comte de Savoie contre le Dauphin qui devient en plus après 1349, le roi de France. C'est peut être la présence sur le siège de Lausanne d'un évêque très favorable au comte de Savoie qui va être l'élément déterminant en 1355 dans la libération des rives du Léman du roi de France.

église des franciscains à Lausanne (Photo E. Coux)

église des franciscains à Lausanne (Photo E. Coux)

Ce traité sera tournant majeur pour les ambitions du comte de Savoie sur le Léman. Quelques années après il réalisera l'hégémonie territoriale autour de ce lac en occupant la seigneurie de Gex et en rachetant l'apanage de Vaud.

 

Pourtant, en 1355, fut nommé par le pape, un évêque contraire aux ambition savoyarde, Aymon de Cossonay. Il accepta qu'Amédée VI nomme un juge d'appel à Lausanne en 1356 mais refusa en 1365 de reconnaître le comte comme vicaire impérial. Le vicaiat impérial de 1365 marquait la reconnaissance d'un état de fait : la supériorité du comte de Savoie sur les évêques et archevêques qui se trouvaient dans la mouvance du comté de Savoie : évêché de Belley, Maurienne, Genève, Lausanne, Aoste, Ivrée et archevêché de Tarentaise. A ceux-ci furent rajoutés les évêché de Grenoble, Mâcon et l'archevêché de Lyon.

blasons de Savoie sur les voutes de l'église des franciscains de Lausanne (Photo E Coux)

blasons de Savoie sur les voutes de l'église des franciscains de Lausanne (Photo E Coux)

Son successeur, Guy de Prangins (1375-1394), fut un conseiller du comte de Savoie et un fidèle à ce comte. Il fut nommé par le pape surement en accord avec le comte de Savoie. C'est à cette époque que la cour de Savoie prend place à Ripaille près de Thonon. Cet emplacement est très stratégique puisqu'il se trouve au milieu du lac en face de Lausanne. Lors du grand schisme, l'évêque resta comme le comte de Savoie dans l'obédience d'Avignon. Il est curieux que Berne, en 1392, choisisse l'obédience de Rome.

 

Guillaume de Menthonay (1394-1406) est lui un proche du pape Clément VII. C'est lui qui lance la construction du château Saint Maire qui sera terminé par l'ancien chancelier du comte de Savoie, l'évêque Guillaume de Challant (1406-1431). Celui-ci est un homme très proche du comte (duc à partir de 1416) de Savoie qui l'investit de nombreuses missions diplomatiques.

Palais épiscopale avec une partie en brique et le blason des Challants

Palais épiscopale avec une partie en brique et le blason des Challants

Si la nomination de Louis de la Palud (pourtant de famille bressane savoyarde) ne plait pas au duc de Savoie, il est muté dès 1433 au siège épiscopal de Maurienne. Un nouveau prélat, plus proche du duc prend place, c'est Jean de Prangins (1433-1440). Mais celui-ci doit céder sa place à Georges de Saluces (1440-1461) qui est remercié par Amédée VIII pour avoir contribué à son élection en tant que pape (Félix V).

 

Pontificat de Félix V et période post indult.

 

Si les ducs de Savoie disposent à leur gré de l'évêché de Lausanne comme le montre les permutations pour remercier tel ou tel personne, la pontificat de Félix V suivit de l'indult papal qui va être négocié avec le pape Nicolas V va renforcer et officialiser cette disposition.

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Arme du pape Félix V (Amédée VIII)(Photo E Coux)

Arme du pape Félix V (Amédée VIII)(Photo E Coux)

Lausanne va d'abord servir de nouveau cadre pour le pape Félix V qui y déplace en 1442 une partie du concile de Bâle. La cathédrale est en effet un cadre plus grandiose donc plus approprié pour un Pape que la cathédrale de Bâle. D'autre part, il est aussi proche de son palais-ermitage de Ripaille, de l'autre côté du lac. Le reste du concile se rapatria à Lausanne en 1448.

 

Même si le pape abdique en 1449, cette abdication permet à Louis de Savoie de conclure un concordat permettant officiellement de choisir le clergé dans le duché de Savoie. Ce concordat sera ratifié en 1452. Ce document est très important car il complète le vicariat impérial concédé en 1465 puis 1498 et participe à la formation d'un état au sens moderne

blason des Varax à Belley (Photo E Coux)

blason des Varax à Belley (Photo E Coux)

Si la nomination de Guillaume de Varax (1462-1466) semble être le résultat d'un bras de force entre le duc de Savoie et la papauté (l'évêque permute entre Belley et Lausanne), son successeur Jean Michaelis (1466-68) est un ancien chancelier du duc. Barthélémy Chuet, évêque de Nice qui le succède dans l'administration du diocèse est un homme de confiance du duc Louis (1469-72). Les évêques suivants furent des fidèles du duc de Savoie, notamment Aymon de Montfalcon.

 

Sa nomination n'était pas dû au hasard. Ce prélat-mécène issu du Bugey a été mis à la tête de l'évêché de Lausanne par le duc de Savoie en 1491 à cause de ses talents diplomatiques.

 

En effet, en plus d'avoir été un ecclésiastique, Aymon de Montfalcon avait surtout été un conseiller du duc de Savoie et avait déjà été envoyé dans diverses ambassades. Une de ses premières ambassades, alors qu'il n'était que prieur d'Anglefort avaient été près du Saint Siège. Il fut envoyé notamment par le roi de Chypre Louis de Savoie pour tenter de sensibiliser le Pape Sixte IV, sans succès en 1473 lors de la mort de l'usurpateur Jacques de Lusignan.

blason d'Aymon de Montfalcon-Flaxieu dans la cathédrale de Lausanne

blason d'Aymon de Montfalcon-Flaxieu dans la cathédrale de Lausanne

Le diocèse de Lausanne s'étendait à l'époque sur un territoire plus étendu que le pays de Vaud savoyard ; notamment sur les états de Berne, Fribourg et Soleure qui avaient alors des liens très fort avec le duché de Savoie.

 

Ces liens s'étaient énormément resserrés lors des conciles de Constance et surtout de Bâle où dans ce dernier Amédée VIII était devenu pape. Elles se trouvent géographiquement entre le duché de Savoie et cette ville. Ces villes marchandes vivaient aussi du commerce qui passait soit par les Alpes (Simplon et grand St Bernard), soit des foires de Genève et de Lyon.

 

Nous voyons d'ailleurs Aymon de Montfalcon traiter de certaines modalités à propos des péages de Veveys et de Nyons avec les Bernois. Et cela explique surtout les nombreuses alliances militaires des Bernois avec la Maison de Savoie pour lutter contre les Haut Valaisans. De ce fait, il est d'une grande logique de nommer comme ambassadeur vers les villes de Berne, Fribourg et Soleure, l'évêque de Lausanne.

Portail de Montfalcon sur la cathédrale de Lausanne (Photo E Coux)

Portail de Montfalcon sur la cathédrale de Lausanne (Photo E Coux)

Il fut aussi un grand mécène dans les arts, en littérature, mais aussi en architecture; Il fit construire le fabuleux portail Ouest de la cathédrale de Lausanne. Il en a profité pour refaire toute la partie Ouest, notamment une travée et une chapelle qui représente bien son attachement à la Maison de Savoie puisqu'elle est dédiée à Saint Maurice.

 

Il fut aussi l'auteur d'une œuvre moins connue : l'église paroissiale de Flaxieu dans le Bugey qui forme un ensemble, avec la cure voisine, d'une grande beauté

église de Flaxieu dans la Bugey voulue par l'évêque de Lausanne (photo E Coux)

église de Flaxieu dans la Bugey voulue par l'évêque de Lausanne (photo E Coux)

conclusion :

L'évolution des rapports entre l'évêché de Lausanne et le comte puis duché de Savoie au moyen-âge est finalement le même que celui des autres évêchés et archevêchés dans la mouvance savoyarde. Cela se voit bien dans la carrière des ecclésiastiques qui passent d'un évêché à l'autre en fonction des besoins des comtes puis ducs de Savoie.

 

La charge d'évêque est une charge prestigieuse qui est confiée à partir du milieu du XIV e siècle aux grands conseillers des princes de Savoie, à la fois comme cadeau pour les remercier, mais aussi pour avoir un contrôle étroit  sur ces territoires qui gardent finalement une petite autonomie. La différence entre les évêchés provient de leur taille et du revenu qu'ils engendrent. C'est par exemple, la raison de la permutation de Georges de Saluces de l'évêché d'Aoste vers l'évêché de Lausanne, bien plus riche. Et la richesse de l'évêché et du diocèse de Lausanne est ce qui le caractérise le mieux ; et qui est symbolisée par la grande taille de la cathédrale. C'est un des évêchés les plus riches du duché de Savoie. Et c'est une des raisons de l'installation du pape dans cette ville entre 1442 et 1449.

 

L'intérêt de la ville de Lausanne venait du fait que c'était un important centre économique et religieux. Outre un très célèbre pèlerinage à la vierge noire, c'était aussi le chef lieu du diocèse de Lausanne qui comprenait une très grande partie de la Suisse romande actuelle.

 

Les villes alémaniques de Fribourg, Berne et Soleure étaient sous la domination spirituelle de la ville de Lausanne où résidait l'évêque et où se trouvait la cathédrale. C'était les seules vrai villes autre que Lausanne dans ce diocèse. Le choix en 1392 par Berne de l'obédience de Rome et de soutenir un évêque concurrent en 1392 et 1394 semble marquer une volonté de garder son indépendance devant la montée de la puissance savoyarde, de plus en plus forte.

Cette pression était d'autant plus importante que le duc de Savoie gardait les accès du Grand Saint Bernard du Simplon et des foires de Lyon et de Genève. Les ville de Berne et Fribourg se sont développées avec le commerce. En effet elles se trouvaient dans les axes commerciaux entre l'Italie et l'Allemagne par le Simplon et le Grand Saint Bernard ou dans celui qui reliait les foires de Genève ou de Lyon à l'Allemagne. En outre, ces villes se sont trouvées entre la Savoie et le concile de Bâle surtout au temps où le duc Amédée VIII est devenu pape.

 

Les tensions vont devenir de plus en plus vive à partir du duc Louis qui envahit et annexe la ville de Fribourg. Mais les guerres de Bourgogne vont marquer un arrêt net de la progression savoyarde sur le plateau Suisse et même le début d'un recul puisque le bas-Valais est perdu en 1476. La combourgeoisie puis l'invasion de 1536 est donc un acte logique face à ces menaces.

 

Soldats savoyards de la fin du XV e siècle (château musée de Morges) (Photo E Coux)

Soldats savoyards de la fin du XV e siècle (château musée de Morges) (Photo E Coux)

Il faut aussi voir dans cette invasion, le résultat d'une crise économique qui touche Genève (et Lyon) et qui fait suite au déplacement des centres économiques sur la façade atlantique au XVI e siècle. Genève et Lyon cessent d'être des centres d'échanges économiques au profit d'Anvers. De ce fait la route commerciale ne passe plus par le plateau Suisse mais va directement à Anvers par Francfort et Cologne. En plus, Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-bas et de la Franche Comté, développera une nouvelle route entre Anvers et Lyon qui passa par la franche Comté et évite la Suisse Romande.

 

Au niveau lémanique, la ville de Lausanne était la plus grande ville du lac, ce qui est illustré par sa cathédrale. Le succès des foires de Genève a fait émerger la concurrence de cette ville a XV e siècle qui lui a prit le leadership. L'installation de la cour pontificale dans cette ville entre 1442 et 1448 lui a donné le rôle de grande capitale de la Savoie a défaut de celui de la chrétienté.

Blason de Savoie sur les stalles de l'église de Saint François à Lausanne (Photo E Coux)

Blason de Savoie sur les stalles de l'église de Saint François à Lausanne (Photo E Coux)

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