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Flanerie-historique-dans-l-ancien-duche-de-Savoie.over-blog.com

Les articles proposent une flanerie historique dans les anciennes terres des ducs de Savoie, c'est à dire l'Ain actuel, les départements de Savoie et de haute Savoie, les Alpes Maritimes, le Piémont et la Suisse romande. L'objectif est de faire coincider l'histoire et le patrimoine existant

La réforme grégorienne, un changement profond de la société Occidentale

La réforme grégorienne, un changement profond de la société Occidentale

La réforme grégorienne (1073-1075) est un concept encore mal connu et mal compris. D’autant plus que cette réforme est expliquée par l’église comme une réforme de mœurs : une église qui était décadente et corrompue. Le Pape Grégoire lui-même n’hésite pas à prononcer ces mots pour défendre sa réforme.

 

Pourtant, cette réforme va plus loin qu’une simple histoire de mœurs. Elle va bouleverser l’église et la société et créer en quelque sorte l’église que nous connaissons aujourd’hui. Pour comprendre cette réforme, il est nécessaire de saisir le contexte de cette époque et les évènements qui entourent la réforme.

 

1-Genèse de cette réforme

Pour commencer, il faut remonter au pontificat de Léon IX, un Pape, issu d’un monastère germanique, qui va être mis d’autorité par l’Empereur sur le trône pontifical en 1049. Ce Pape pourtant très cultivé ne va pas hésiter à rompre avec l’église d’Orient en 1054.

 

Loin d’être un acte anodin et seulement issu des difficultés de lire pour les latins les textes grecs et vice-versa, il est l’expression à la fois de l’essor de l’Occident et d’une volonté monarchique précoce de la Papauté. Néanmoins, Léon IX ne pouvait pas rompre avec l’Empereur du Saint-Empire-romain-germanique, d’autant que c’était lui qui l’avait mis en place, et qu’il avait maintenant besoin de lui en cas de riposte militaire des byzantins contre le Pape (l’Empire byzantin est à son apogée).

 

N’oublions pas que le Pape dans l’église était seulement un des cinq patriarches, avec ceux de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, et était soumis à l’Empereur byzantin qui était le lieutenant de Dieu et le représentant de Dieu sur terre.

 

Évidemment, les Empereurs francs et saxons depuis Charlemagne convoitaient et revendiquaient cette place. Et la rupture formelle de 1054 avec l’Orient était une aubaine pour eux.

Intérieure de l'abbatiale de Romainmotier. Cette abbaye accueillit le Pape Léon IX, un des précurseurs de la réforme grégorienne (ph. Emmanuel Coux)

Intérieure de l'abbatiale de Romainmotier. Cette abbaye accueillit le Pape Léon IX, un des précurseurs de la réforme grégorienne (ph. Emmanuel Coux)

Cependant, les Pape suivant allaient aller encore plus loin, puisque le Pape Grégoire VII (1073-1085) revendiqua une église séparée de l’Empereur, une église se gérant toute seule. C’est notre principe moderne de la conception de l’église avec une différence marquée entre l’état d’ecclésiastique et l’état de laïc. De ce fait, le Pape revendiqua une place égale à celle de l’Empereur. Mais cette égalité était ambiguë et cachait mal une volonté d’être au dessus de l’Empereur.

 

Pour cela, le Pape s’attaqua dès 1073 à la nomination des évêques. Ceux-ci étaient normalement nommés par les rois, les Empereurs et les grands seigneurs. Cela leur permettait, soit pour les grandes familles, de contrôler les diocèses et les villes épiscopales, soit pour les rois et les Empereurs d’avoir de solides points d’appuis au niveau régional. Dans le cadre du Reichkirchen system établit par les rois et Empereurs d’Occident entre le X e siècle et l’an mil, les évêques représentaient le roi ou l’Empereur au niveau administratif régional. Par exemple, 80 % de l’armée de l’Empereur Otton II venait des armées des évêques du Saint Empire.

 

Grégoire VII va commencer à s’attaquer à cela en dénonçant les évêques et les abbés les plus faibles, c’est à dire à ceux qui n’avaient pas eu leur charge ni par les rois, l’Empereur, ou les puissantes familles, mais qui avaient acheté leur charges (la Simonie). On pouvait aussi facilement les accuser aussi de nicolaïsme (ils étaient mariés ou vivaient en concubinage)

Carte du Royaume de Bourgogne ou Royaume d'Arles et de Vienne. La réforme grégorienne se situa dans nos régions dans le cadre de l'existence de ce royaume. Même si il avait été intégré au Saint-Empire-romain-germanique en 1032, c'était encore une entité qui allait survivre jusqu'au XIV e siècle (carte d'après Laurent Ripart)

Carte du Royaume de Bourgogne ou Royaume d'Arles et de Vienne. La réforme grégorienne se situa dans nos régions dans le cadre de l'existence de ce royaume. Même si il avait été intégré au Saint-Empire-romain-germanique en 1032, c'était encore une entité qui allait survivre jusqu'au XIV e siècle (carte d'après Laurent Ripart)

Voyant que ça marchait, il a étendu ce concept à tous (ils furent tous suspectés de simonies et de nicolaïsme). Le Pape devenait ainsi celui qui autorisait ou refusait l’investiture des évêques et des abbés (les mœurs, comme c’est invérifiable, ça aide). Cela alla même plus loin puisqu’il imposa des évêques et des abbés. C’est le début de la querelle des investitures qui dura jusqu’au traité de Worm en 1122 entre le Pape Calixte II et l’Empereur Henri V.

 

2- un changement de société

Ce fut aussi le début d’un changement de société puisque les nouveaux évêques qui n’avaient plus la confiance de l’Empereur ou du roi ne purent plus assurer convenablement leur charge temporelle de représentant administratif du roi. Le Reichkirchensystem allait s’écrouler dans un lap de temps de 200 ans environ. C’est un processus très mal connu. Dans les années 1250, le pouvoir temporel des évêques se limita à son « évêché » ou à ses « terres épiscopales ». Dans l’immense diocèse de Lausanne par exemple, le pouvoir de l’évêque se limita à la ville de Lausanne, le Lavaux, Avenche, Bulle et Lucens. C’est à dire les endroits où il avait des châteaux. A Belley, le pouvoir de l’évêque, sa principauté, se limitait à Belley, Magnieu et une partie de Brens. En Maurienne, l’évêque a Argentine, la vallée de l’Arve, Valloire et Saint André en plus de Saint-Jean-de-Maurienne et Villargondran.

 

De ce fait, les seigneurs laïcs allaient s’emparer de parcelles de pouvoir dans les diocèses, et allaient être d’une moins grande docilité vis à vis du roi et de l’Empereur que les évêques ; ce qui finalement allait renforcer la féodalité et une certaine autonomie vis à vis du roi ou de l’Empereur.

 

Cette séparation du pouvoir allait écarter des cités épiscopales, les grandes familles qui avaient fondé leur pouvoir sur le Reichkirchensystem. La fonction d’évêques qui étaient transmises d’oncles à neveux leur fut aussi enlevés par les tenants de la réforme grégorienne.

Le style roman semble apparaître suite à la réforme grégorienne (ici portail de l'ancien prieuré de la Chambre ; prieuré de Saint Michel de la cluse). Ph. Emmanuel Coux

Le style roman semble apparaître suite à la réforme grégorienne (ici portail de l'ancien prieuré de la Chambre ; prieuré de Saint Michel de la cluse). Ph. Emmanuel Coux

En Savoie, cela se manifesta dans la perte de l’évêché de Belley, pour la Maison de Savoie, vers 1121. Dans le Dauphiné, les Guigonides (ancêtres des Dauphins du Viennois) perdent la ville de Grenoble et se réfugient dans leur château d’Albon. Ils perdirent leur honneur de « Prince de Grenoble » et prirent d’abord celui de « prince du Grésivaudan » pour finir par être désigné par le nom de Comte d’Albon, le nom d’un château qu’ils possédaient dans la Drôme. A Genève, le Comte et l’évêque de Genève seront en conflit ; conflit qui s’est résolu avec l’archevêque de Vienne lors du traité de Seyssel en 1124. La cité de Genève passait au main de l’évêque. Lyon passa aux mains de l’archevêque au détriment des comtes de Lyon qui devinrent comte du Forez. Ce fut la même chose pour toutes les villes épiscopales.

 

Ces expulsions ne furent pas non plus faites sans arrières pensées politiques. Par exemple l’évêque de Genève en 1124, Hugues de Grammont était un proche de la Maison de Savoie et partageait les mêmes attirance pour les cisterciens. Il se pourrait que son conflit avec le comte de Genève ait aussi profité à la Maison de Savoie peut être dans son implantation dans la ville de Seyssel et dans le Valromey.

 

Au niveau local, c’est aussi quasiment la création des paroisses d’un point de vue juridique, en faisant passer les églises, et surtout ses revenus (dîme), du domaine privé au domaine de l’église (sous la coupe de l’évêque ou des institutions monastiques). Ce passage est nommé « restitution », car l’argument principal des grégoriens est que ces églises faisaient partie à l’origine d’un domaine de l’église. Nous savons que c’est faux. Ces églises ont été créées par des particuliers (des seigneurs propriétaires) et gérées jusqu’à la réforme grégorienne par ces mêmes familles.

détail des chapiteaux roman de l'église priorale de la Chambre

détail des chapiteaux roman de l'église priorale de la Chambre

Un des exemples intéressants est celui des églises du Val Chisone, une vallée piémontaise débouchant sur la ville de Pignerol ; une vallée qui était un des accès secondaires pour la route internationale passant par le col du Montgenèvre.

 

Nous savons qu’en 1037, cette vallée d’environ 50 km de long avait qu’une église, celle de Pinasca qui est donnée par l’évêque de Turin au monastère de Cavour. Son district semble avoir couvert toute la vallée. En 1064, Adélaïde de Suse et Odon de Savoie fondent près de Pignerol l’abbaye de Sainte-Marie (Abbazia Alpina). Nous avons lors de cette fondation ou peu après des donations et notamment la mention d’une deuxième église, celle de Saint-Genix-de-La-Pérouse (Persosa Argentina) qui est transformée entre la fin du XI e et le début du XIII e siècle en prieuré. Nous savons qu’en 1095, les quatre églises de la haute vallée (Mentoulle, Usseaux, Pragelas et Fenestrelle) étaient possédées par la prévôté d’Oulx (les 12 autres églises de la Haute vallée apparaitront au XVIII e siècle dans un contexte de lutte contre le protestantisme).

 

Dans la basse vallée apparaît l’église de San-Pietro-in-Vincoli a Villar Perosa dans la documentation du XIIIe siècle. Cependant, le vocable de cette église dépendante de la Pieve de Pinasca, Saint Pierre, semble attester d’une certaine ancienneté. Les autres églises dépendante de la Pieve de Pinasca, c’est à dire les églises de Porte, Pramollo et San Germano-Chisone semblent être plus récentes et mentionnées au XIV e siècle. (Porte, Villars Persosa et Pinasca passeront au XIII e siècle sous la dépendance du monastère de Sainte-Marie de Pignerol).

 

Il faut aussi parler de l’église de Saint Martin dans la vallée adjacente du Val Germanasca. Citée la première fois en 1122 comme dépendante du monastère de Sainte-Marie-de-Pignerol. Une deuxième église, celle de Perrero, est citée en 1139 avec la première (qui est aussi sous sa dépendance).

 

Ainsi s’est formé entre le XI e et le XIII e siècle, l’ossature paroissiale de cette vallée. Il est difficile de croire que ces églises surgissent de nulle-part. C’est probablement des édifices de cultes privés qui passent à l’état de « paroisses » avec la réforme grégorienne. Mais ce qui semble se passer, c’est la fragmentation de la possession de la vallée entre plusieurs entités monastiques qui forcent à la création de paroisses pour différencier les territoires et probablement rationaliser et différencier les lieux de récoltes des impôts (dîmes).

l'église de San-Pietro-in-Vincoli a été refaite au XVIII e siècle dans le style baroque dans le cadre de la lutte contre les protestants (ph. E. Coux)

l'église de San-Pietro-in-Vincoli a été refaite au XVIII e siècle dans le style baroque dans le cadre de la lutte contre les protestants (ph. E. Coux)

Ce cas est encore visible dans l’étymologie des « dizains » valaisans, dizains formés autours des villages qui auraient été les paroisses primordiales du Valais. Le mot « dizain » s’étant formé sur la même racine que la dîme, impôt ecclésiastique. La paroisse étant d’abord le lieu où était récolté la dîme.

 

Enfin une des conséquences de la réforme grégorienne et un moyen pour faire avancer cette réforme fut les croisades, dès 1095. Les croisades furent surtout un instrument de politique intérieure de l’Europe pour affirmer la prééminence du Pape sur l’Empereur. Et ça va très bien fonctionner.

 

Le Pape, en décidant pour l’universalité chrétienne de la guerre et de la paix, se plaçait de ce fait au dessus des rois et surtout de l’universalité de l’Empereur. Et en décidant d’une guerre en Orient, d’une guerre traditionnellement étrangère à l’Occident, puisque une guerre entre l’Empire byzantin et le califat musulman, le Pape se plaçait aussi au dessus de l’Empereur byzantin, en contrôlant politiquement sa guerre.

 

3- Contournement de cette réforme

Une des façons pour ces familles de contourner la réforme grégorienne et d’avoir encore un contrôle sur les ecclésiastiques, était de contrôler les monastères pourvoyeurs d’évêques. C’est le cas de Ponce du Balmay qui fonde une chartreuse en 1116 (chartreuse de Meyriat) et devient évêque de Belley en 1121.

culots roman réemployés dans la façade de l'ancienne église des capucins à Belley (ph. E. Coux)

culots roman réemployés dans la façade de l'ancienne église des capucins à Belley (ph. E. Coux)

L’évêché lui-même allait devenir un lieu de tensions politiques puisque l’évêque était élu par les chanoines. Des partis politiques se formèrent au sein des chapitres cathédraux pour pouvoir élire l’évêque de leur bord. L’objectif était donc d’avoir un maximum de chanoines de son côté. Les chanoines venaient en général des membres des familles les plus puissantes et influentes du diocèse.

 

Pour limiter cet effet, il fut décidé de rendre la charge canoniale (de chanoine) plus difficile et donc de transformer les chapitres cathédraux en monastères. La vie régulière était non seulement plus difficile que la vie séculière, mais elle remettait en question la propriété et la possession des biens individuels des chanoines. Puisque dans la vie régulière, ces biens étaient partagés par toute la communauté contrairement à la vie séculière où les chanoines disposaient de leur propres biens et propriétés individuels. La vie régulière permettait donc d’annuler la différence de richesse entre un chanoine et un autre, donc de limiter en quelque sorte l’influence de certains chanoines très riches issu de familles très puissantes.

 

Mais la vie régulière avec l’abandon des biens individuels nécessitait donc d’autre revenus pour survivre. L’évêque dût donner au chapitre quelques églises (avec leur revenus). Il se peut aussi que cela a été un moyen pour permettre la « restitution » d’églises ; que les familles des chanoines les plus riches et des chanoines eux-mêmes aient dû céder des églises leur appartenant.

 

La transformation des chapitres était aussi facilité car cela suivait une mode liée à l’essor monastique de la fin du X e et du XI e siècle. Ainsi les chapitres cathédraux séculiers se transformèrent en chapitres réguliers. Comme par exemple à Moutier en 1142, à Belley probablement aussi au début XII e siècle, à Grenoble en 1136.

 

Une des façons les plus faciles pour ces puissantes familles fut tout simplement de laisser faire la réforme grégorienne avec comme conséquence de laisser s’écrouler la puissance épiscopale pour que d’un pouvoir principale, elle ne devienne qu’une faible opposition politique au sein du diocèse qu’elle était sensée diriger.

le cloître de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne est l'expression de la régularité du chapitre de Maurienne (cloître du XV e siècle) (ph. E. Coux)

le cloître de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne est l'expression de la régularité du chapitre de Maurienne (cloître du XV e siècle) (ph. E. Coux)

Le Reichkirchensystem était de fait tellement affaibli à a fin du XII e siècle, que l’Empereur qui voulait reprendre le pouvoir dans le royaume de Bourgogne n’hésita pas à donner à certains de ses évêques des titres de Princes du Saint-Empire. Comme si il fallait maintenant justifier le pouvoir qu’ils avaient naturellement auparavant. C’est comme cela que l’évêque Anthelme de Chignin obtint le titre de prince du Saint Empire en 1175 et que l’archevêque de Tarentaise l’obtient en 1186.

 

Si fort de ce pouvoir, ils avaient essayé de se confronter au comte de Savoie, non seulement, ils ne purent rien rétablir de leur anciens pouvoirs, mais ils reçurent en plus la désapprobation papale.

 

 

 

Conclusion :

La réforme grégorienne est en fait un mouvement de fond de l’église au XI e siècle qui précède les actions du Pape Grégoire VII. Pape qui lui a donné son nom. Les tendances de cette réforme sont déjà observables dans la première moitié du XI e siècle (comme la transformation des chapitre cathédraux en chapitre régulier ou la « restitution » de biens ecclésiastiques).

 

La décadence des mœurs au sein de l’église comme motif de la réforme est une excuse qu’on ne peut plus admettre et qu’il faut considérer comme un poncif. C’est une excuse qui a été utilisée tout au long de l’histoire de l’église pour procéder à des ajustements dont les objectifs étaient en réalité bassement politiques. Et la réforme grégorienne est avant tout une réforme politique.

 

Simplifier cette réforme par une réforme de mœurs en ne regardant que les aspects simoniaques et nicolaïstes qu’elle a voulu résoudre est non seulement très réducteur, mais fait passer de côté son rôle essentiel dans une des plus grosses transformations sociétales de l’Europe occidentale, avec l’apparition de la notion de laïcité, et de la séparation de la société en deux états, laïque et ecclésiastique.

 

Si cette réforme est si difficile à comprendre, c’est aussi par la multiplicité des enjeux qu’elle est censée résoudre, même contradictoires. Comme le fait que c’est une réforme propulsée par l’Empereur et l’église germanique qui s’est finalement retournée contre les intérêts de l’Empereur en allant au bout de son raisonnement, et en ralliant des intérêts politiques qui y étaient à l’origine opposés.

 

Enfin c’est une réforme qui est à insérer dans les évènements forts de l’an mil, que ce soit la paix de Dieu, l’essor de la féodalité ou les croisades pour nous aider à en comprendre les logiques.

 

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